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Un Maire en colère

Bonjour, je suis en colère. (30/03/2020)

Ca me gonfle- Nous sommes aujourd'hui le lundi 30 mars 2020, depuis plusieurs semaines une terrible pandémie s'est abattue sur le monde et sur la France. Partout, il est évident que les personnes les plus exposées, sont celles qui sont les plus fragiles de par leur âge, leur état de santé, mais aussi de conditions socio-économiques les plus précaires.  Vous savez, ceux qui, confinés, n'ont pas de jardin pour prendre l'air, ceux dont les enfants dorment à plusieurs par chambre, ceux qui ne gagnaient déjà pas grand chose et qui ne verront aucune aide venir, ceux qui font partie des 13 millions de français qui n'ont pas internet, pas d'ordinateur, pas d'imprimante, qui ne sont pas informés, qui ne peuvent pas imprimer d'attestation pour sortir, qui ne peuvent pas se connecter pour obtenir les devoirs à faire faire aux enfants à la maison...

Il est notoire que les premiers qu'on abandonne sont toujours les plus vulnérables.

Je suis le maire d'une commune de 9163 habitants en Meurthe et Moselle : Tomblaine. Je sais qu'il n'est pas politiquement correct de dire la vérité haut et fort, en particulier en cette période où la solidarité doit être le ciment d'une certaine « union sacrée »...

Mais voilà, je ne sais pas aujourd'hui si je pourrai témoigner demain et surtout je suis en colère. La colère quand elle est terriblement fondée, comme c'est ici le cas, mérite d'être écrite, pour être raisonnée.

J'ai été en colère, hier lorsque j'ai entendu le ministre de la santé, au bout de quinze jours de confinement, donner ses consignes à la télévision, pour inciter, « dans les EHPAD, à faire porter les repas dans les chambres des

personnes âgées. » Mais qu'est-ce qu'il croit ? Qu'on l'a attendu pour prendre nos responsabilités ?

Il vient de naître celui-là ? Il faudrait qu'il vienne un peu voir ce qu'il se passe sur le terrain !

Je suis en colère après ces gouvernements successifs qui depuis longtemps ont démantelé les hôpitaux publics, par la suppression massive de postes et de moyens, et abandonné l'accessibilité aux soins pour tous dans notre pays. Ces gouvernements qui ont créé de toutes pièces l'impuissance d'Etat d'aujourd'hui.

Je suis en colère quand je vois des élus, barons locaux faire des opérations de communication dans les médias quand ils n'ont eu de cesse de participer eux-mêmes à cette casse du service public.

Je suis en colère après ce gouvernement qui n'a rien anticipé, qui n'a rien prévu, alors qu'on a connaissance de ce risque depuis des mois et qu'il aurait fallu commander des masques de protection, des quantités de solution hydroalcoolique et des matériels d'assistance à respiration en nombre. En colère face à l'indécence de ce gouvernement qui a préféré ne pas prendre le risque de dépenser pour protéger la population, quand par ailleurs il a su donner des millions de cadeaux aux plus nantis en leur aménageant un Impôt Sur la Fortune sur mesure...

Je suis en colère face à l'irresponsabilité de ce gouvernement qui a tardé, en connaissance de cause,  à mettre en place le confinement des populations, pour tenter coûte que coûte de permettre la mise en œuvre des élections municipales !

Je suis en colère après ce gouvernement et ce Président qui ont su organiser, pendant des mois, la répression violente contre les infirmières manifestantes et contre les pompiers en grève, les frappant, les bousculant, les gazant et qui aujourd'hui viennent les encenser, les remercier et leur promettre de misérables aménagements de salaire, comme pour s'approprier les valeurs de cette France courageuse, honorable et solidaire, qui donne quotidiennement leçons aux gouvernants défaillants.

Je suis en colère après ce Gouvernement engagé depuis des mois avec violence dans la casse de notre système de protection sociale et de retraites et après ce Président qui, à l'occasion de cette terrible crise, vient nous faire un numéro de communication à la télévision, pour louer ce même système de protection à la Française...

Je suis en colère après ces gouvernants qui ont créé les Grandes Régions, dans une approche libérale, pour ne pas dire irresponsablement mercantile, éloignant encore plus et fragilisant les services dus au public.

Je suis en colère contre ces gouvernements, qui depuis 12 ans n'ont jamais cessé de diminuer les dotations aux Communes, pour les appauvrir et utiliser leurs moyens confisqués, pour couvrir une partie du déficit de l'Etat.

En colère contre ces Présidents de Métropole, gros barons régionaux qui ont vampirisé les domaines de compétence des maires pour mieux assoir leur pouvoir sans partage. En colère, parce que ces maires, à qui on a enlevé tous les moyens de faire vivre des politiques publiques sur leur territoire, les Présidents et ministres se rappellent soudain qu'ils existent et qu'ils sont indispensables, chaque fois qu'il y a une situation de crise. Souvenez-vous au lendemain des attentats du Bataclan, puis la révolte des gilets jaunes, et aujourd'hui le coronavirus ! Qui assume le service de proximité, la cohésion sociale, les secours d'urgence ??? Les maires, parce qu'ils sont sur le terrain, comme les professionnels de santé.

Je suis en colère, parce que depuis des années, l'incompétence d'Etat par les choix contraires aux valeurs de la République, a conduit toute une partie de la population vieillissante à ne pas avoir les moyens de se payer une place en EPAHD. Alors les maires, qui n'en ont pas compétence, ont créé des foyers résidences pour des personnes soit disant autonomes. Et de plus en plus, hors périodes de crises, pour libérer des lits, voire pour faire du chiffre, les hôpitaux libèrent ces personnes âgées pour les placer en « hospitalisation à domicile » dans ces résidences non médicalisées. Ainsi, il y a un transfert de charges financières et de responsabilités énorme sur le dos des maires et des employés municipaux...

Je suis en colère parce que dans ma ville, il y a un Foyer-Résidence de ce type, pour personnes âgées autonomes... Depuis le début de la crise, nos personnels municipaux sont mobilisés, parfois même sur des métiers qui ne sont pas les leurs, ils sont admirables, ils sont héroïques.

Je suis en colère, parce que depuis des semaines, nous attendons de l'aide de la part du Conseil Départemental et de l'ARS (Agence Régionale de Santé). Rien, aucune aide, aucun soutien matériel, aucun soutien logistique, aucun renfort humain. Ils sont absents de nos territoires. Alors quand je vois dans la presse leurs responsables venir donner des leçons et expliquer, en mentant, ce qu'ils disent qu'ils font... je suis en colère. Savez-vous que depuis plus d'un mois, nous avons demandé à l'ARS par téléphone, par mail, par sms, des masques de protection pour nos personnels municipaux qui travaillent jour et nuit pour protéger ces 56 personnes âgées. L'ARS n'a même pas daigné nous répondre !!! Quel mépris ! Quelle médiocrité !

Et ce qui me met le plus en colère, c'est quand le Conseil Départemental, comme l'ARS, nous adressent avec insistance des documents à remplir pour nous donner des consignes (d'ailleurs parfois stupides et contradictoires, je conserve les écrits...) et pour contrôler ce que nous mettons en œuvre sur le terrain ! Voilà qu'ils nous demandent des comptes !!!

On croit rêver. Désolé, on n'a pas le temps de vous répondre, on est en train de porter secours à une dame de 98 ans !!!

Enfin, je suis en colère après ce sale con et je vous demande de ne pas excuser ma trivialité, qui ce matin est venu de Nancy, parce qu'il avait repéré qu'à Tomblaine il y a un Foyer Résidence de personnes âgées, en état de grande vulnérabilité, parce que abandonné des pouvoirs publics. Un monsieur, aide à domicile de métier, était venu pour assister une des personnes âgées de ce Foyer, dans le cadre de son métier. Il était venu en vélo. Le sale con lui a volé son vélo, quand l'aide à domicile travaillait au péril de sa vie.

Je suis en colère aussi parce que le sale con a été vu et que la police a été appelée, mais n'a pas répondu alors qu'il était encore temps de récupérer le vélo. Lorsque dix minutes plus tard on a rappelé la police, il a été répondu que la police ne pouvait pas se déplacer à cause de l'épidémie et qu'il fallait que l'aide à domicile se déplace pour déposer une main courante au commissariat !!! Là encore, on croit rêver !

Il est notoire que les premiers qu'on abandonne sont toujours les plus vulnérables.

Ce qui me motive, c'est quand je constate le formidable élan de solidarité des innombrables anonymes, qui s'est déclaré spontanément dans nos Communes, dans nos quartiers, dans nos rues, c'est le courage de tous les personnels soignants et accompagnants, c'est la générosité manifestée, c'est un élan d'amour spontané et collectif exprimé en tapant sur des gamelles à 20h chaque soir pour dire merci à ceux qui risquent leur peau, merci à ceux qui prennent soin des autres rien qu'en étant prudents, et crier au monde entier « merci d'être vivants » !

Je hais les égoïstes et les imbéciles comme ce voleur de vélo. Et je vous en veux à vous les puissants, les nantis qui avez failli à votre mission, parce que vous êtes médiocres et que seuls les résultats des prochaines élections vous intéressent. Je ne suis pas de votre monde, nous ne sommes pas du même monde. Il est temps qu'on vous le fasse entendre.

J'ai écrit ma colère, parce que j'émets le vœu qu'après tout cela, des milliers, des millions de français heureusement rescapés engorgeront vos putains de tribunaux pour porter plainte contre vous pour « abandon de la population et en particulier des plus vulnérables ».

Et j'espère que vous serez condamnés, au moins aux yeux de l'histoire.

Alors je lance un appel sur les réseaux sociaux, partagez ce message, partagez ma colère, partagez...

Vive la République. 

Hervé Féron

 

Je suis vulgaire comme un Gilet Jaune

Tribune du lundi 17 décembre 2018 à 12:03  publiée par Didier Maïstohttps://www.sudradio.fr/politique/edito-je-suis-vulgaire-comme-un-gilet-jaune/

ÉDITO - On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets Jaunes.

SUPER Gilet jaune- Les Gilets jaunes c’est la France laborieuse, la France de ceux qui fument des clopes et roulent au diesel, des ouvriers et des petits patrons.

La France des troquets, du tiercé et des plats du dimanche.

La France ni de droite ni de gauche –ou d’un peu des deux.

Celle de ceux qui ne sont rien, mais pas personne, la France des illettrés, des harkis, des légionnaires, la France des prostituées et des poissonnières, la France de ceux qui ont choisi la France pour y vivre, y travailler et y mourir.

Celle des parents qui mettent des torgnoles à leurs gosses pour leur apprendre à se tenir.

Des fins de mois difficiles, qui sont autant de fins du monde, sans cesse renouvelées.

La France qui se baisse pour ramasser une pièce, éteint la lumière de la cuisine et met les restes au frigo dans un tupperware.

La France des types qui matent le cul des filles et celle des filles qui font semblant d’être offusquées.

Celle de ceux qui appellent un arabe un arabe et un noir un noir. "Diversité", "minorités visibles", "#balancetonporc", "covoiturage", "transition énergétique"… ces mots sont vides de sens pour cette France, LA France.

La France qui vanne, invective, s’insulte puis se réconcilie devant un verre de rouge, pas forcément avec modération.

La France modeste et fière, qui compte les centimes en rêvant de gagner au Loto, qui n’aime pas trop les riches et n’en peut plus d’être pauvre.

Celle qui déteste les sous-chefs et adore haïr les chefs, pourvu qu’ils en aient la stature et l’humilité.

La France qui se branle de l’Europe, mais qui adore les Italiens, les Espagnols, les Portugais ou les Grecs. Enfin, ça dépend des jours.

La France qui se fout de l’écologie, mais qui connaît le nom des arbres, des champignons et des oiseaux.

La France ni raciste, ni xénophobe, ni fasciste, ni homophobe, celle qu’il faut juste respecter et pas trop emmerder avec des histoires de cornecul.

Celle qui veut vivre de son boulot et se sent humiliée quand on lui fait l’aumône ou la leçon.

Celle qui sait que ses ancêtres n’étaient pas forcément des Gaulois, mais ne peut s’empêcher de chialer quand elle entonne La Marseillaise, dans un stade ou dans la rue.

La France pétrie de contradictions, qui dit rouge et qui dit noir, qui se signe à l’église et bouffe du curé.

La France de ceux qui n’envisagent pas une seconde de ne pas se faire enterrer en France, même –et peut-être surtout- si leurs racines sont ailleurs.

Celle qui tient la porte, cède sa place dans un bus et se gèle toutes les nuits sur les ronds-points des nationales.

Un seul coup de klaxon et… je serai guéri.

La France des pantalons qui piquent, celle des antimilitaristes qui ne manquent aucun défilé du 14 juillet à la télé, celle des pulls en acrylique et du Tour de France, la France de Coluche, d’Audiard, d’Akhenaton, la France des Fragione, des Perez, des Cavanna, des Cherfi et des Matombo, du Père Noël est une ordure, des Deschiens, des Nuls et de tous les inconnus célèbres, celle de Bebel et des Valseuses, d’Higelin et d’Herrero, la France du film pourri du dimanche soir, celle des héros du quotidien, celle qui pense que Céline n’est qu’un vendeur de sacs, mais dont la culture et l’intelligence sont magnifiques, parce qu’elles viennent de loin, de très loin, de plus loin encore.

La France des femmes de ménage et des ramasseurs de poubelles, celle des artisans et des commerçants près de leurs sous, la France qui sait que c’est le travail qui libère et l’oisiveté qui asservit.

On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes. Mépriser les Gilets jaunes c’est mépriser la France et les Français, c’est se mépriser soi-même.

Chaque fois que je vois un Gilet jaune sur un rond-point, j’ai envie de le serrer dans mes bras.

J’ai envie de lui dire "continue mon gars, je t’aime, je suis avec toi, je suis exactement comme toi, j’ai souffert et si aujourd’hui ça va un peu mieux, je sais d’où je viens et où je ne veux plus être".

Je suis un beauf.

J’aime les Gilets jaunes.

Sans restriction.

Avec tous leurs excès, tous leurs manques, tous leurs défauts et toutes leurs frustrations.

Je prends tout, absolument tout, en bloc, comme mon pays, la France, mon pays contre lequel je râle et ne cesserai de râler.

Oui : je prends tout.

Et tant pis si je dois me fâcher avec quelques-uns.

Parce que je sais que le jour où je serai à nouveau dans la merde, c’est un putain de Gilet jaune qui m’aidera à en sortir.

On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes.

 

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Date de dernière mise à jour : 11/04/2020